1re étape : l’extraction

Le minerai est extrait par une drague flottante évoluant sur un bassin artificiel de 600 mètres par 300 mètres. Ce dispositif aspire les sables situés en amont du bassin, permettant une progression contrôlée de la drague — entre sept et treize kilomètres par an — le long de la bande de concession. Celle-ci est strictement localisée sur les dunes, dans une zone délimitée entre le littoral et la région maraîchère des Niayes, toutes deux préservées et non impactées par les opérations.

En complément, pour accéder aux zones latérales du gisement, une unité mobile d’extraction à sec, appelée Dry Mining, prend le relais. Elle permet d’extraire les poches de sables minéralisés inaccessibles à la drague, tout en restant strictement dans le périmètre de la concession.

Une drague unique au monde

Longue de 50 mètres et large de 16,5 mètres, cette unité fonctionne 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, avec une capacité d’extraction pouvant atteindre 7 000 tonnes de sables par heure.

Elle se déplace en continu sur le bassin minier, aussi bien vers l’avant que latéralement. Équipée d’une lame rotative immergée, elle découpe les couches de sable, tandis que le minerai est aspiré par une pompe principale de 1,2 mètre de diamètre, acheminant les matériaux vers les unités de traitement.

2e étape : la préparation des produits minéralisés

Une fois aspirés par la drague, les sables minéralisés sont transférés dans la première usine d’Eramet Grande Côte, flottant elle aussi sur le bassin derrière la drague : la Wet Concentration Plant (WCP).

Concentrer les minéraux

Au sein de la WCP, le sable est traité par des procédés physiques, sans aucun entrant chimique. Un enchaînement de procédés mécaniques – cribles rotatifs, hydro-cyclones et spirales – permet de séparer les minéraux lourds du sable plus léger. Appelé rebu, il sera redéposé à l’arrière du bassin pour remodeler le paysage au plus près de son état d’origine. C’est la première étape de la réhabilitation du site avant restitution.

Séparer les minéraux

Le concentré de minéraux obtenu (HMC) est ensuite transporté par camion vers l’usine de séparation située à Diogo : la Mineral Separation Plant (MSP). Cette unité industrielle comprend plusieurs lignes, chacune dédiée à un produit : zircon, ilménite, leucoxène et rutile. Les opérations de séparation y sont réalisées à haute température avant un tamisage et la séparation électrostatique et magnétique des produits. Là encore, aucun produit chimique n’est utilisé.

D’où viennent les sables minéralisés ?

Pendant des millions d’années, les roches volcaniques du continent africain ont été érodées par la pluie et les rivières. Des grains de quartz et des minéraux comme le rutile ou le zircon ont été transportés jusqu’à l’océan, puis ramenés par les vagues vers la plage. Les minéraux lourds s’y sont déposés, tandis que le quartz plus léger est resté au large. Ce processus répété a formé un vaste dépôt de sable minéralisé. Avec le recul du littoral, ce sable s’est enfoui et stabilisé sous forme de dunes reconnaissables à leur teinte sombre.

Projet majeur de centrale solaire

Le site industriel est alimenté en électricité par une centrale d’une capacité de 36 MW. Pour aller plus loin dans la décarbonation de ses produits, Eramet Grande Côte investit dans une centrale solaire hybride avec stockage d’énergie, en partenariat avec l’entreprise JUWI Renewable Energies. D’une puissance de 20 MW et 11 MW de stockage, sa mise en service prévue en 2026 permettra d’éviter le rejet de 25 000 tonnes de CO2 par an.

3e étape : la réhabilitation des dunes

La réhabilitation des périmètres exploités est systématique et commence aussitôt après la concentration des sables minéralisés – une spécificité du modèle de la mine d’Eramet Grande Côte. Les équipes remodèlent le relief au plus proche de l’état initial, stabilisent les sols et y plantent des espèces endémiques et autres essences sélectionnées en concertation avec les communautés pour leur valeur économique (fourrage, cajou, bois, …).

En septembre 2022, Eramet Grande Côte est devenue la première mine sénégalaise à restituer des parcelles réhabilitées et revégétalisées (85 hectares) à l’État, propriétaire à travers la Direction des Eaux et Forêts. La dynamique se poursuit : 1 000 ha supplémentaires ont été restitués en 2025.